L'essentiel en trois chiffres
- Dans les Hauts-de-France, 71 % des communes de plus de 10 000 habitants dépassent 30 °f, au cœur de la zone « dure » du tableau ci-dessous. Médiane : 33,9 °f.
- En Île-de-France, la médiane est de 25,0 °f et 8 % des communes dépassent 30 °f. L'eau y est moyennement dure à dure, rarement très dure.
- Les communes les plus calcaires des Hauts-de-France sont dans le Nord : Vieux-Condé, Saint-Saulve et Bruay-sur-l'Escaut dépassent 47 °f.
D'où viennent ces chiffres
Les analyses de l'eau du robinet sont produites par les Agences régionales de santé, dans le cadre du contrôle sanitaire, et diffusées sur l'API publique Hub'Eau par unité de distribution, rattachée à chaque commune. Le titre hydrotimétrique, ou TH, y est le paramètre 1345, exprimé en degrés français (°f). Un degré français correspond à 10 mg de carbonate de calcium par litre.
Nous avons interrogé cette API pour les 1 013 communes françaises de plus de 10 000 habitants qui disposent d'analyses. Pour chacune, nous retenons la moyenne des analyses des douze derniers mois, avec au minimum trois analyses, ou à défaut la moyenne des cinquante analyses les plus récentes. C'est une moyenne, pas une mesure instantanée : la dureté varie selon la ressource utilisée, la saison et les interconnexions du réseau. Les communes rurales, souvent alimentées par des nappes de craie, ne sont pas dans cet échantillon. Pour connaître la valeur de votre commune, la carte de la dureté de l'eau affiche la même donnée avec la date de la dernière analyse.
Échelle utilisée dans ce guide, reprise des classifications courantes des distributeurs d'eau :
| TH | Qualification |
|---|---|
| moins de 15 °f | eau douce |
| 15 à 25 °f | moyennement dure |
| 25 à 35 °f | dure |
| plus de 35 °f | très dure |
Département par département
Médiane des communes de plus de 10 000 habitants analysées, et nombre de communes au-dessus de 30 °f.
| Département | Communes | Médiane | > 30 °f |
|---|---|---|---|
| Nord (59) | 42 | 35,3 °f | 29 |
| Pas-de-Calais (62) | 24 | 34,0 °f | 18 |
| Aisne (02) | 7 | 33,1 °f | 5 |
| Oise (60) | 12 | 32,6 °f | 10 |
| Somme (80) | 2 | 28,7 °f | 0 |
| Seine-et-Marne (77) | 35 | 26,9 °f | 5 |
| Seine-Saint-Denis (93) | 34 | 26,7 °f | 1 |
| Paris (75) | 1 | 26,3 °f | 0 |
| Essonne (91) | 36 | 25,4 °f | 2 |
| Val-de-Marne (94) | 40 | 25,1 °f | 0 |
| Hauts-de-Seine (92) | 32 | 21,0 °f | 0 |
| Yvelines (78) | 42 | 18,2 °f | 6 |
| Val-d'Oise (95) | 36 | 17,5 °f | 6 |
À lire avec deux réserves. Somme : deux communes seulement dépassent 10 000 habitants, Amiens et Abbeville, la médiane n'est pas représentative du département. Paris : une seule valeur, celle de la ville, pas une médiane.
Dans le Nord, le Pas-de-Calais, l'Aisne et l'Oise, l'eau dure est la règle : plus de deux communes sur trois dépassent 30 °f. En Île-de-France, la médiane est modérée mais les écarts sont grands à l'intérieur d'un même département : les Yvelines et le Val-d'Oise ont la médiane la plus basse de la région et pourtant six communes chacun au-dessus de 30 °f, comme Cergy, Persan ou Les Mureaux.
Vous pouvez reprendre ce tableau dans un dossier de conseil syndical ou une note interne, en citant la source Hub'Eau.
Les grandes villes
| Ville | TH moyen |
|---|---|
| Roubaix | 39,8 °f |
| Tourcoing | 37,2 °f |
| Cergy | 35,8 °f |
| Lille | 35,7 °f |
| Arras | 34,3 °f |
| Beauvais | 32,2 °f |
| Amiens | 30,0 °f |
| Valenciennes | 27,6 °f |
| Paris | 26,3 °f |
| Dunkerque | 21,3 °f |
| Versailles | 18,8 °f |
Lille, Roubaix et Tourcoing sont en eau très dure. Paris est en eau dure, à 26 °f. Dunkerque et Versailles, alimentées par d'autres ressources, sont nettement plus douces.
Ce que ça change pour un bâtiment
Le tartre se dépose là où l'eau est chauffée : ballons d'eau chaude sanitaire, échangeurs, résistances, circuits de lave-vaisselle professionnels. Plus le TH est élevé et plus l'eau est chaude, plus le dépôt est rapide.
Concrètement, selon le type de bâtiment :
- Hôtel : ballons d'eau chaude remplacés avant l'heure, buses de spa et pommes de douche à détartrer chaque mois, traces blanches relevées dans les avis clients.
- Copropriété : ballons collectifs remplacés hors budget, réclamations récurrentes des occupants sur le débit et la robinetterie.
- Clinique ou EHPAD : eau chaude en continu, donc le dépôt le plus rapide, sur des équipements qui ne peuvent pas s'arrêter.
Les ordres de grandeur mesurés : un dépôt de tartre agit comme un isolant, avec une conductivité thermique de 1 à 3 W/m·K selon la source et la structure du dépôt, contre environ 15 pour l'acier et 400 pour le cuivre. Sur chaudière, le Département de l'énergie américain (DOE) chiffre la surconsommation de combustible à 1 % pour 0,4 mm de tartre, 2 % pour 0,8 mm et 3,9 % pour 1,6 mm. Sur chauffe-eau à accumulation au gaz, les essais Battelle pour l'ASHRAE montrent une baisse de rendement d'environ 5 % après l'équivalent de vingt ans de dépôt.
À l'électrique, le rendement de conversion ne bouge pas : toute l'énergie de la résistance finit dans l'eau, quel que soit le tartre. Le tartre s'y paie d'abord en pannes répétées de résistance. Il peut aussi coûter des kilowattheures par un autre chemin : une résistance entartrée fait dériver le thermostat et chauffe l'eau au-delà de la consigne. Un essai de laboratoire d'Eskom (Lethea, 2017) a mesuré de 4 à 12 % de consommation en plus, à consigne égale, selon la résistance et le dépôt, dans un montage accéléré qui ne reproduit pas un ballon réel. Retenez le mécanisme, pas le chiffre. Le « 10 % de surconsommation par millimètre », très répandu sur les sites commerciaux, n'a pas de source primaire que nous ayons pu retrouver. Ces valeurs dépendent de l'équipement, il faut les lire comme un repère, pas comme une mesure sur votre installation.
Deux familles de solutions existent pour un bâtiment : l'adoucisseur à sel, qui retire le calcium, et le traitement physique, qui change la forme du dépôt sans le retirer. Les différences sont détaillées dans notre comparatif adoucisseur et traitement physique. Pour un hôtel de 80 chambres à 38 °f, sans spa ni piscine, notre calculateur estime à environ 20 700 € l'écart de coût sur dix ans entre ces deux options. Ce chiffre dépend des hypothèses du calculateur, visibles dans la page ; entrez la dureté réelle de votre commune pour votre propre estimation.
Comment vérifier la dureté de votre eau vous-même
- Sur la facture ou le site de votre distributeur : la dureté figure dans le bilan annuel de qualité de l'eau, obligatoire.
- Sur la carte Fluotech ou directement sur Hub'Eau, en cherchant votre commune et le paramètre « Titre hydrotimétrique ».
- Avec une bandelette de test, en vente en droguerie, pour une mesure instantanée. Comptez une marge d'erreur de quelques degrés.
Si votre bâtiment chauffe de l'eau en continu et que votre commune figure dans les tableaux ci-dessus, le tartre a déjà un coût. Un diagnostic de 15 minutes sert à l'estimer sur votre installation.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le TH, ou titre hydrotimétrique ?
C'est la mesure de la dureté de l'eau, c'est-à-dire sa teneur en calcium et en magnésium. Il s'exprime en degrés français (°f) : un degré correspond à 10 mg de carbonate de calcium par litre. Au-dessus de 25 °f, l'eau est dite dure ; au-dessus de 35 °f, très dure.
L'eau est-elle plus dure dans les Hauts-de-France ou en Île-de-France ?
Dans les Hauts-de-France : 71 % des communes de plus de 10 000 habitants analysées dépassent 30 °f, avec une médiane de 33,9 °f. En Île-de-France, la médiane est de 25,0 °f et 8 % des communes dépassent 30 °f, surtout dans le Val-d'Oise, les Yvelines et la Seine-et-Marne.
D'où viennent les chiffres de dureté par commune ?
Des analyses du contrôle sanitaire produites par les Agences régionales de santé et diffusées sur l'API publique Hub'Eau. Nous retenons la moyenne des analyses des douze derniers mois, ou des cinquante plus récentes, pour les communes de plus de 10 000 habitants. La carte de la dureté affiche la date de la dernière analyse.
Quelle est la dureté de l'eau à Lille, Roubaix ou Paris ?
Lille est à 35,7 °f, Roubaix à 39,8 °f et Tourcoing à 37,2 °f, donc en eau très dure. Paris est à 26,3 °f, en eau dure. Dunkerque, à 21,3 °f, et Versailles, à 18,8 °f, sont nettement plus douces parce qu'elles sont alimentées par d'autres ressources.
Le tartre fait-il vraiment consommer plus d'énergie ?
Oui, mais moins que ce que les sites commerciaux affirment. Sur chaudière, le Département de l'énergie américain mesure de 1 à 3,9 % de combustible en plus pour 0,4 à 1,6 mm de tartre. Sur chauffe-eau électrique, le rendement ne change pas ; le tartre se paie en pannes de résistance et en dérive du thermostat. Le « 10 % par millimètre » n'a pas de source primaire connue.
Comment vérifier la dureté de l'eau de mon bâtiment ?
Trois moyens : le bilan annuel de qualité de l'eau joint à la facture de votre distributeur, la carte de la dureté ou l'API Hub'Eau pour votre commune, ou une bandelette de test vendue en droguerie, avec une marge d'erreur de quelques degrés. Pour un bâtiment, la valeur de la commune est un bon point de départ.